Dépendance: sentiment malsain, psychologically incorrect, dont il faut à tout prix se guérir, comportement de victime, synonyme de soumission, d'asservissement, d'esclavage? C'est quasiment devenu une honte d'avouer qu'on dépend de quelqu'un. Mais, pour vivre ensemble, il faut bien être un peu accro l'un à l'autre !
on a beaucoup entendu parler de ses pièges. Au point de souvent y perdre toute commune mesure. Au point où il est très mal vu de reconnaître que l'on a besoin de quelque façon que ce soit d'un autre, surtout quand cet autre est un homme. Évidemment, personne n'est assez bête pour prôner la dépendance béate, l'abnégation sans fin, l'ouragan de sentiments qui nous font connaître quelques miettes de bonheur pour des heures de désespoir. Mais on a oublié de spécifier qu'il s'agit là d'une forme de dépendance excessive, maladive.
Entre se laisser complètement démolir et perdre un peu la tête, il y a tout de même une marge.Aimer, qu'on le veuille ou non, c'est dépendre. Dès qu'on s'attache à un homme, à un enfant, à un chien ou un chat, dès qu'on consent à tisser des liens, dès qu'on s'engage dans son travail, on a rapidement besoin de, envie de. On est facilement en manque de. Bref, même si le mot est devenu tabou, on dépend de.Aimer quelqu'un, c'est inévitablement s'en occuper et s'en préoccuper. C'est être sensible à ce qui le touche: à ce qui le peine autant qu'à ce qui le réjouit. On est triste si notre copain est malheureux, inquiète s'il est malade, soucieuse s'il a des problèmes.
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Entre deux rencontres, on rêve de l'autre, on attend l'autre, on espère l'autre qu'on idéalise et qui nous trouve exceptionnelle.«L'amour fait de vous l'otage d'un absent que vous ne pouvez ni fixer, ni esquiver, ni éconduire. Cette emprise est le désespoir de l'amoureux, et son trésor le plus cher.
Alain Finkielkraut
BREF : JE T'AIME ^^